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Projet Reflections de Gianni Candido & Rachel Colas
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Des lettres, des mots, des phrases et le voyage commence... "Il n'y a pas de hasard, rien que des Rendez-vous" Paul Eluard.
18-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Perles et Porte-jarretelles

Adèle se tenait devant sa psyché. Langoureusement.

Depuis plus d'une heure, elle se pavanait, offrant à son regard émerveillé une silhouette élancée aux formes rondes et harmonieuses. Adèle était amoureuse. Elle aimait. Elle était heureuse. Tout simplement.

Elle s'admirait non pas avec ses yeux mais avec les yeux de celui qu'elle aimait en secret. L'aimerait-il ainsi ? Le contraire ne se pouvait pas : tous les hommes sans exception aimaient voir les femmes dans cette tenue. La vendeuse du magasin « Madame de Pompadour » le lui avait confirmé avec une mine concupiscente. Du coup, elle avait acheté le string en soie blanche bordé de perles et le porte-jarretelles à lacer dans le dos. Les deux extrémités du nœud flottaient sur ses deux fesses rebondies : elle trouvait cela excitant imaginant les doigts de son amant s'emparer de ceux-ci pour  délicatement la déballer comme un précieux objet d'art ou encore, comme un présent tellement attendu que le fait de prendre son temps anticipait et amplifiait la joie de la découverte ultime. Il lui faudrait aussi enlever ses bas transparents brillants ornés d'une large bande de dentelles et de perles blanches ainsi que son soutien-gorge : il était tout simple et pourtant du plus bel effet grâce aux reflets irisés des perles : sa peau paraissait plus blanche. Ses seins lourds emprisonnés malgré eux dans une cage de satin criaient et appelaient la caresse : on eût dit qu'ils étaient prêts à bondir de leur cachette : nul doute que leurs pointes ressortiraient fièrement dressées attendant avec impatience d'être dégustées, mordillées ou simplement effleurées... A cette pensée, elle saisit vivement la fine houppette de duvet rose posée sur le tabouret - tabouret sur lequel, elle s'était exercée à prendre des pauses à la Marlène Dietrich - et la promena une dernière fois sur son décolleté. Elle avait saupoudré son corps d'une sorte de poudre de riz. Aphrodisiaque lui avait-on dit. D'ailleurs, elle avait tressailli plusieurs fois : ses baisers sur sa peau seraient-ils aussi doux ? Impatiente de découvrir ! Sa tenue était complétée par un large ras-de-cou en satin blanc orné des mêmes perles que sa tenue affriolante. Cela lui donnait un air prometteur. Elle n'avait pas osé prendre la cravache. Aurait bien voulu. La prochaine fois peut-être ? Par contre, elle avait acheté sans hésiter les bottines blanches à petits talons : il lui semblait que cela l'amincissait. Au final, elle se trouvait... affriolante. Piquante, même. Elle aurait voulu qu'il ouvre la porte et reste béat devant ses charmes. Pas trop longtemps tout de même : juste assez pour lui laisser le temps de faire un tour sur elle-même afin qu'il admire sa cambrure, sa chute des reins et son joli postérieur en attente de caresses ou de fessées selon son humeur. A lui. A elle. Elle terminerait par un regard à la fois timide et prometteur : n'avait-elle pas essayé pendant plus d'une heure, différentes attitudes ? Tantôt lascive, tantôt faussement prude. Maintenant, elle était prête. En attente de lui. Totalement.

Chaque jour depuis plus d'une dizaine de jours, elle le voyait. Il était nouveau dans le quartier. Personne ne savait d'où il venait. Cela n'avait pour l'instant pas d'importance. Parfois, une femme venait lui rendre visite : probablement sa mère ou sa sœur peut-être. Difficile de juger. Pas sa femme : il l'embrassait sur la joue. Du moins, la seule fois où elle l'avait vu ouvrir la porte. Les autres jours, toujours en début de soirée, il était debout devant la fenêtre comme s'il observait le ciel. Elle avait compris que c'était elle qu'il regardait. Son visage était tendu vers elle. Tous les jours à la même heure. Sans jamais faillir. C'est le troisième jour qu'elle avait compris : pour elle ! Pourquoi ou pour qui d'autre serait-il là ? D'ailleurs, il était bientôt l'heure... Elle avait tout prévu : elle laisserait les tentures ouvertes et allumerait sa lampe de chevet. Elle passerait comme si de rien n'était devant la fenêtre. Peut-être, ferait-elle semblant de s'apprêter comme si elle sortait ? L'air de rien. Espérant qu'il la découvrirait Femme et non pas uniquement « voisine d'en face ».

Il y avait quelques jours, elle s'était prise au jeu, lui avait fait signe de la main. Il n'avait pas répondu se contentant pourtant de fixer sa fenêtre, le visage tendu vers elle. Son appartement à elle était un étage et demi plus haut, du coup, elle avait vue plongeante chez lui du moins lorsqu'il allumait son plafonnier. Par contre, elle devait vraiment être proche de la fenêtre pour qu'il puisse la voir complètement : elle se félicitait d'ailleurs d'avoir mis cette année une double porte-fenêtre. Pour le bruit. Pour la lumière. Pour la chaleur. Et maintenant, pour lui...

Elle aurait voulu que les deux bâtiments qui se faisaient face soient plus rapprochés, au moins, elle aurait pu distinguer ses traits. Elle n'aurait pu le décrire si on lui demandait. Il avait une attitude que nul autre n'avait. Il était grand. C'était certain. Les cheveux sombres. Cela lui plaisait. Le visage parfois penché comme s'il écoutait. Elle aurait voulu connaître la couleur de ses yeux : les imaginait verts. Tantôt marrons. Parfois, lorsque le soleil visitait son appartement, il mettait des lunettes de soleil. Sport, lui semblait-il. Que ne faisait-il pas pour mieux la voir !

Il était 17h30 : Il allait bientôt venir devant sa fenêtre. Elle attendit. Quelques minutes. Puis, plusieurs. Longues. Trop longues. Espérant à chaque fois. Tressaillant lorsqu'il lui semblait voir la tenture bouger. A force d'observer, elle faillit ne pas voir la porte d'entrée s'ouvrir. C'était lui. Certainement. Jusqu'à présent, elle n'avait pas eu la chance de le croiser dans le quartier pourtant ce n'était pas faute de visiter tous les supermarchés du coin, les deux boulangeries et la librairie, elle qui ne lisait pas le journal !

Enfin, elle le vit. Lui. Et sa canne blanche.

Il ne l'avait jamais vue. Ne la verrait jamais.

 Quant bien même, elle voulait le découvrir, le connaître, l'émerveiller... Un jour, oui, il la caresserait. Elle se le promettait...

sexy

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18-03-2010, 20:50:48 Rachel Colas
porte-jarretelles   sexy  
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07-03-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La cage

Tout était à sa place. Depuis des jours, des semaines, des mois, des années. Rien ne changeait. Jamais. Elle le savait bien, elle qui venait si souvent LA voir. La cage aux oiseaux restait toujours à la même place même si Fifi, le canari s’était endormi vers d’autres cieux depuis belle lurette. ELLE avait gardé la cage par nostalgie. D’ailleurs, la preuve, c’était que la poussière semblait de plus en plus grise aux contours de la cage. Elle avait beau l’essuyer chaque mois, c’était la même chose : elle revenait. La poussière. Elle aussi. Chaque premier samedi du mois. C’était sacré. Elle aurait voulu venir plus souvent mais le temps passait si vite ! Son travail, sa famille : toujours courir... Elle referma la porte, doucement, presque honteusement laissant l’Autre à sa solitude. Se saisit de son portable, comme à une bouée de secours : rejoindre le monde, la vitesse, le bruit. Là, à l’intérieur, tout semblait arrêté… Un autre monde.
A peine la porte fermée qu’à l’intérieur tout dansa…  Des cages emplies d’oiseaux, des fleurs et des couleurs, Elle était émerveillée : elle était heureuse : une pincée d’amour chaque mois. Cela lui suffisait. Elle la dégustait à petite dose. Comme, elle avait de la chance !

 

La cage

Photo de Gianni Candido - Texte Rachel Colas

http://projetreflections.skynetblogs.be

 

07-03-2010, 16:45:00 Rachel Colas
candido   photo  
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25-02-2010
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Métaphore : la tribu des pieds sur terre et la tribu des têtes en l'air !

Il y a très, très, longtemps, dans une contrée étrange, vivait la tribu des pieds sur terre. Celle-ci était organisée pour le meilleur fonctionnement du groupe. Chacun y avait sa place définie et elle était unique. Tout y avait été pensé avec une logique implacable et tous s’y soumettait. Avec joie. « Tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » (*) 

 

A des kilomètres de là, vivait la tribu des têtes en l’air. Bien évidemment, les deux tribus ne se connaissaient pas et n’avaient pas la moindre idée de l’existence de l’autre. C’était d’ailleurs sans importance. Tout y était harmonieux, personne n’avait sa place définie mais tous avait un rôle : celui-ci changeait chaque jour : sans loi et en toute légitimité ! Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 Un jour, un des membres de la tribu des pieds sur terre – il s’appelait Étru - décida d’aller voir plus loin : Il lui semblait logique d’agrandir le territoire et il comptait mener sa tâche à bien. Pour lui, l’heure était venue. C’était imparable.

Le même jour, un des membres de la tribu des têtes en l’air, Mayne, vit l’aurore se parer de rose, rouge et orange. C’était tellement beau qu’il lui fallait voir cette beauté de près. Sans réfléchir, poussée par son instinct, elle quitta la tribu…

Ce qui devait arriver, arriva. La rencontre de deux êtres différents et pourtant tellement complémentaires.  Une nouvelle ère commença : Étru et Mayne furent les ancêtres d’une nouvelle tribu que nous connaissons pour en faire partie, nous autres, les êtres humains…

 

Note : Métaphore sur la pensée logique et la pensée intuitive ou... au choix du lecteur selon son ressenti...

 

 

 (*) Philosophie du Docteur Pangloss, le mentor de « Candide » de Voltaire.

 

25-02-2010, 20:52:18 Rachel Colas
métaphore   pensée intuitive   pensée logique  
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Avertissement - Rachel Colas
Les personnages et les situations de mes nouvelles sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des faits ou des personnes privées que l'on pourrait y apercevoir serait entièrement fortuite et indépendante de ma volonté...
Je vous souhaite une bonne lecture :

O Folon... Rêve bleu...

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