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Ce fut durant le mois de mai 2002 que je reçus la première lettre de Laure Randau. Comment ne pas m’en souvenir ? Ce jour même était maudit. Me lever m’avait coûté beaucoup d’effort et m’habiller avait été un supplice. J’avais tout bonnement décidé de me passer de déjeuner : me trouver dans une pièce où un calendrier mangeait tout le mur principal me coupait l’appétit. J’étais restée toute la première moitié de la matinée dans mon vieux fauteuil les bras ballants sans rien faire. Sans penser. Surtout sans penser. Je ne sais pourquoi, au bout d’un long moment, je me levai et j’ouvris grand la porte d’entrée. Elle était là, sur le seuil, dans son enveloppe virginale balafrée de mon nom et prénom : Arnaud Marie. L’enveloppe n’était pas fermée et elle ne contenait qu’un feuillet plié en quatre. Au bas de la page, la signature me sauta aux yeux : Laure Randau. Le nom de famille me disait vaguement quelque chose. Le prénom, hormis d’être le même que celui de ma mère, rien. L’écriture était très grande, presque hors norme. Ecrites à la va-vite, quelques phrases décousues : « Je suis auprès de toi. Jamais, je ne t’oublierai. Je serai toujours à tes côtés » Il n’y avait ni date, ni adresse. Il devait s’agir d’une erreur ou pire d’une blague cruelle. En ce jour d’anniversaire de deuil, je n’avais pas le cœur à rire.

03-03-2008, 13:29:25 Rachel Colas
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