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25-04-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Nouvelle Vie

Dans le salon c’était le calme plat. Même la télévision avait eu le caquet coupé. On n’entendait pas un bruit. C’était comme un jour inexistant. Rien ne bougeait. On n’entendait même pas le tic tac de l’horloge. Celle qui venait des parents. Celle dont on avait hérité et que l’on aurait pas osé mettre dans le grenier. Bref, un jour mort. C’était assez intrigant. Personne n’avait jamais eu cette impression de silence, de vite, de mort. Plus rien ne bougeait. Même pas les deux adultes perdus chacun dans leurs réflexions. Temps mort.

 Ils étaient tous les deux assis, chacun dans un fauteuil différent. Ils ne se regardaient pas. Ils s’étaient trop vus. Depuis de longues années déjà, ils ne regardaient plus. L’habitude probablement. La routine certainement. Et, voilà, aux trois quarts de leur vie, ils hésitaient.

Feraient, feraient pas. Ils pesaient chacun le pour et le contre. L’aspect financier d’abords. Le plus important pour eux. Allaient-ils pouvoir survivre séparé ? Les enfants ? Deux casés. Presque mariés. Chacun leur vie. Egoistes. C’était triste mais c’était comme ça. Ils étaient restés des années unis « pour les enfants » et maintenant ne restait que leur peau de chagrin. Les enfants se moquaient bien de leur couple maintenant qu’ils avaient le leur…

Fallait pas leur en vouloir : les enfants, c’est comme ça. Eux-mêmes comprendraient un jour. Lorsqu’il sera trop tard pour changer. Et, ils se diront que c’est comme ça : c’est la vie.

Elle le regarda : il avait vieilli. Il n’était pas encore trop mal pour son âge. S’il n’avait pas été son mari, elle aurait encore pu le trouver séduisant… Cependant, elle connaissait trop ses défauts que pour y voir une semblant d’attirance…

Il la regarda : elle avait vieilli… Ses yeux étaient entourés de pattes d’oie. Il se souvenait de la première ! Elle en avait fait une maladie. En avait pleuré. Il l’avait consolée et embrassé partout sur son visage lui assurant qu’elle était la plus belle de toute et que cela lui donnait tellement, tellement plus de charme. Elle avait fait semblant de le croire… A sa manière, elle était terriblement attirante, mais il la connaissait tellement par cœur. Plus rien à découvrir…

Ils se connaissaient trop. Ils s’étaient tellement aimé et aujourd’hui, ils se demandaient tous deux : ne devaient-ils pas connaître d’autres aventures ? Vivre ? En profiter ? Se découvrir ? Aimer ailleurs ? Ils se demandaient… Au bout du compte, ils ne savaient plus très bien ce qu’ils voulaient. Probablement un peu d’aventure, d’espoir, de folies… Le tout ensemble.

C’est elle qui parla la première : elle avait toujours été la première à se décider. Il eut un sourire attendri… Cela lui rappelait tellement de choses… Oui, il valait mieux se quitter un moment. Elle lui proposait de prendre un appartement pas loin de la maison. Ainsi, il pourrait continuer le jardin : elle savait que c’était sa passion et il la faisait tellement bien !

Ils pourraient continuer à se voir lorsqu’ils avaient envie. Surtout lorsqu’il avait envie…

Désormais, elle ne serait plus sa femme. Lui ne serait plus son mari. Non, ils seraient deux étrangers qui devaient se découvrir. C’était décidé. Ils devraient se reconquérir. Elle partirait le soir à l’hôtel. Elle avait vu un appartement de libre. Elle avait déjà pris ses renseignements. Elle lui donnerait signe de vie lorsqu’elle serait installée.  Auparavant, elle avait des choses à faire…

Elle était partie depuis un mois. La maison était vide. Le jardin de plus en plus resplendissant. Il était sorti deux trois fois avec Marjorie, une amie. En tout bien tout honneur, il avait senti qu’un peu plus et il… mais, il n’avait pas eu la moindre envie… Il aurait voulu la voir, elle sa tendre et chère épouse… Il était impatient qu’elle lui donne signe de vie… Son estomac se tordait lorsque le téléphone sonnait. Il avait l’impression de redevenir un adolescent. Pas sur de lui. Du tout. Son cœur s’était remis à battre anormalement : il revivait !

Quelques jours plus tard, il ne tenait plus en place, il rôda près de l’appartement de sa belle. Par hasard, il la croisa dans la rue. Feignit la surprise. Elle ne fut pas dupe mais tout simplement enchantée. Elle l’invita à prendre le thé. Une nouveauté pour lui. Il s’appliqua et tint bien son rôle. Il fut convenu de se concocter une sortie au théâtre. C’était nouveau aussi… Il attendait avec impatience le rendez-vous… Leur vie avait changé, était exaltante. Il ne s’était plus senti aussi jeune que depuis ces vingt ans ! Et maintenant, avec tout ce qu’il s’avait c’était vraiment le paradis…

 Ils se découvraient. Nouveaux. Différents. Parce qu’après tout, on ne se connaît jamais vraiment, alors que dire des autres…

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25-04-2009, 11:00:06 Rachel Colas
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Avertissement - Rachel Colas
Les personnages et les situations de mes nouvelles sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des faits ou des personnes privées que l'on pourrait y apercevoir serait entièrement fortuite et indépendante de ma volonté...
Je vous souhaite une bonne lecture :

O Folon... Rêve bleu...

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